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24/01/2012

DES NOUVELLES DU JAPON...

 

Cinq réacteurs nucléaires encore en service au Japon


LEMONDE.FR avec AFP | 13.01.12 | 10h34


La compagnie d'électricité du sud-ouest du Japon, Shikoku Electric Power, a arrêté vendredi 13 janvier le dernier de ses trois réacteurs pour maintenance, ne laissant que 5 unités en service dans tout le pays sur 54. Le réacteur Ikata 2, qui avait été remis en exploitation commerciale le 14 décembre 2010, a été stoppé pour sa 23e session de maintenance.


"Du fait de l'arrêt d'Ikata 2, tous nos réacteurs sont désormais suspendus, ce qui induit une situation difficile, mais nous allons exploiter tous les moyens pour assurer un approvisionnement stable en électricité", a indiqué la compagnie. Les réacteurs japonais doivent subir des contrôles durant plusieurs semaines tous les treize mois environ. Shikoku Electric Power est la deuxième compagnie du Japon, après Kyushu Electric Power (qui possède six réacteurs), à ne plus avoir aucune unité en service.

Sur le parc japonais de 54 réacteurs, seulement cinq restent donc encore en activité, mais ils doivent être stoppés d'ici à la fin mai et nul ne sait quand les autres tranches pourront être réactivées. A la suite du tremblement de terre et du tsunami qui, le 11 mars, ont engendré l'accident à la centrale nucléaire Fukushima Daiichi, une quinzaine de réacteurs ont été subitement arrêtés dans les centrales du Nord-Est, puis deux autres tranches présentant des risques à Hamaoka.

Le redémarrage de tous les autres réacteurs stoppés pour maintenance ou à cause des secousses sismiques est conditionné à de nouveaux tests de résistance (notamment vis-à-vis des catastrophes naturelles) et à l'approbation des autorités locales, ce qui retarde l'échéancier habituel. Les compagnies d'électricité appellent la population et les entreprises à réduire leur consommation, redoutant les pics hivernaux lorsque les systèmes de chauffage tournent à fond. L'arrêt des sites nucléaires force aussi les opérateurs à remettre en exploitation des centrales thermiques afin de compenser la perte en électricité.

 

Et puis dans Libé, la fin d'un long papier sur cette question : "Japon, la cure atomique"

«Un nouvel avenir énergétique»
.....Toutefois, une donne nouvelle, plus écologique, se dessinerait. Les centrales éoliennes, solaires ou géothermiques représentent à peine 2% de la production électrique. Maison parle désormais ici de «consommation in-out autogérée», de «relais avec de nouvelles sources indépendantes». «Le Japon est en train de mettre en place un nouveau modèle énergétique. Il deviendra un exemple»,assure le Premier ministre, Yoshihiko Noda. «Tokyo va dynamiser le renouvelable, tout en réduisant drastiquement sa part du nucléaire et ses importations de matières fossiles, estime Christophe Bosquillon.Le lobby nucléaire japonais va résister, car ses enjeux industriels et financiers restent énormes. Mais à terme, ajoute-t-il, les nouveaux bouquets énergétiques menaceront les grands monopoles.»

La tendance se dessine déjà. Les constructions de quatorze réacteurs nucléaires qui étaient prévues avant le «grand tremblement de terre du Tohoku» du 11 mars, sont pour l’heure stoppées, voire annulées. «Notre pays voulait porter de 30% à 50% la part du nucléaire dans son mix énergétique d’ici à 2030, rappelle le professeur Murasawa. Non seulement c’est impossible mais nous préparons déjà un nouvel avenir énergétique.» A Tokyo, l’Institut pour les énergies renouvelables estime que «la part des énergies alternatives pourrait représenter 30% de la production électrique nationale d’ici à 2030.» Pour beaucoup, l’objectif des 100% d’ici à 2050 n’est plus un rêve fou.

Commentaires

Le nucléaire est décidément sous le feu de l’actualité. L’avenir de son exploitation constitue, un enjeu important de la campagne électorale. La Cour des comptes va publier, un rapport sur son coût réel d’exploitation. Il devrait logiquement résulter ce constat : si la production d’électricité nucléaire est très nettement meilleur marché que celle provenant des énergies renouvelables, solaire et éolien, le traitement définitif des déchets et le démantèlement des centrales obsolètes recèlent encore bien des incertitudes dans ses coûts. Au final, on s’en doute, le prix du kilowatt du nucléaire ne doit pas être donné, à la condition expresse que les impératifs de sécurité soient strictement respectés. De là l’inquiétude légitime des détracteurs du nucléaire.
Mais qu’on ne se trompe pas de débat. L’option du nucléaire a été un choix politique entièrement défendable, qui a permis d’échapper à une totale dépendance aux énergies fossiles. Au vu des cours actuels du pétrole et du gaz naturel, on ne peut que s’en réjouir.
Mais s’agissant d’un choix politique, le nucléaire ne peut échapper à la sphère publique, qui doit assumer le coût de sa stratégie d’indépendance. Une firme privée ne peut produire à perte. Et sera donc tentée de minimiser les dépenses de sécurité. La grande erreur n’a donc pas été de construire des centrales atomiques, mais de les privatiser.
Au vu du rôle décisif de l’énergie dans l’économie et dans la vie quotidienne des citoyens, et des conséquences sur la collectivité qu’impactent sa production et son exploitation, il est inadmissible que ce secteur, autrefois public, ait été confié à la gestion privée dont les intérêts sont contraires à l’intérêt générale.

Écrit par : Thorium | 24/01/2012

L'énergie nucléaire est aujourd'hui devenue indispensable à beaucoup d'économies.
Peut-on vraiment se passer de nucléaire dans le monde aujourd'hui ? Force est de reconnaître que la production d'électricité nucléaire est devenue indispensable pour beaucoup de pays. A fin 2009, l'AIEA (l'Agence internationale de l'énergie atomique) dénombrait pas moins de 438 réacteurs en fonctionnement, répartis dans 32 pays. Au total, cela représente une production de 2.558 Térawattheures. A ce niveau-là, les chiffres sont tellement élevés qu'il devient difficile de trouver une échelle de comparaison. Disons simplement que cela représente environ 13,5 % de la production totale d'électricité dans le monde. Ce qui en fait tout de même la troisième principale source d'énergie, derrière le charbon (40,8 %) et le gaz (21,2 %). La place occupée par le nucléaire est cependant très variable d'un pays à l'autre. Ainsi, les trois pays ayant construit le plus de centrales sont dans l'ordre les Etats-Unis (104 réacteurs), suivis de la France (59) et du Japon (54). En queue de peloton, beaucoup de petits pays se contentent d'un seul, voire de deux réacteurs pour leur consommation nationale. C'est le cas par exemple de l'Arménie, de la Slovénie, du Mexique... Mais la constante chez la plupart de ces puissances nucléaires, c'est l'importance qu'occupe l'atome dans la production d'électricité. Derrière la France et la Lituanie, qui sont ultra-dépendants de leur parc nucléaire avec respectivement 75,2 % et 76,2 % de l'électricité nationale produite dans les centrales, près de la moitié des pays disposant de réacteurs en tirent entre 25 et 50 % de leur énergie.
Alors pourrait-on se passer du nucléaire aujourd'hui ? Cela paraît difficile. Pour compenser l'arrêt des centrales, il faudrait brûler chaque année environ 4 milliards de barils de pétrole supplémentaires (un chiffre à rapprocher des quelque 30 milliards de barils produits chaque année). Seul hic, dans les faits, les turbines à combustion ont un rendement de 40 %. Ce qui signifie qu'il faudrait en fait augmenter la production de pétrole de 10 milliards de barils supplémentaires ! Sans même parler de rejets de CO2, cela ferait exploser le cours de l'or noir ou obligerait les pays producteurs à décupler le nombre de leurs puits. Avoir recours aux énergies alternatives ? Si la solution semble idéale, elle est quasi-impossible à mettre en pratique : il faudrait plusieurs milliers d'éoliennes pour compenser ne serait-ce que l'arrêt d'une centrale, ou des dizaines de kilomètres carrés de panneaux solaires.

Écrit par : CC | 30/01/2012

Cher CC, avez-vous lu les articles ci-dessus? Et notamment la conclusion: "A Tokyo, l’Institut pour les énergies renouvelables estime que «la part des énergies alternatives pourrait représenter 30% de la production électrique nationale d’ici à 2030.» Pour beaucoup, l’objectif des 100% d’ici à 2050 n’est plus un rêve fou."

J'espère que les Japonais dans leur malheur vont nous aider à penser enfin autrement . Il faut arrêter de dire que les énergies renouvelables sont une utopie puisque ça marche, que ça se développe partout, même en Espagne.

Écrit par : louf | 31/01/2012

L'Espagne arrête de subventionner les énergies renouvelables
Cher ‘’Louf’’, les énergies renouvelables sont très massivement subventionnées par tous les pays. C’est le cas de la France, mais également de l’Espagne, l’Allemagne et l’Angleterre. Mais avec la crise et la dette l'Espagne, souvent citée comme modèle pour les énergies renouvelables, doit se serrer la ceinture. Ce pays dépensait davantage en subventions pour les énergies renouvelables que le coût total de la production énergétique du pays.

Cela a créé une demande (artificielle) importante pour des emplois “verts” mais chacun de ces postes a en réalité coûté 588 000€ au contribuable ! Pour chaque poste “vert” créé, 2.2 postes “classiques” ne se faisaient pas. Cela signifie clairement que si l'Espagne veut développer les énergies renouvelables, il faut soit augmenter les taxes, soit le prix de l'électricité de 30 à 50%. Je vous laisse imaginer ce qu’une telle annonce aurait comme retentissement en France. Sarkozy va peut être perdre les élections pour vouloir augmenter la TVA de 1.5%...
Devant le gouffre financier et le manque de résultats, l’Espagne stoppe tout lancement de programme éolien et autres énergies renouvelables. L’Angleterre et l’Allemagne étudient sérieusement la même possibilité dans les prochaines semaines.
C’est un coup dur pour la théorie de l’abandon du nucléaire.

Écrit par : CC | 31/01/2012

C'est vrai que c'est un coup dur. Qu'on espère passager.
Et pendant ce temps, en France on continue de subventionner grassement les énergies fossiles qui contribuent au réchauffement climatique. Mais qui s'en inquiète?
Et pourquoi parle-t-on de "gouffre financier" lorsqu'il s'agit d'éolien ou de solaire. Ce n'est rien pourtant, à côté du nucléaire si on prend tout en compte, la sécurité, le démantèlement des réacteurs, le stockage des déchets...

Écrit par : louf | 31/01/2012

CC, pourriez-vous nous éclairer sur ces chiffres (le cout des emplois verts) en Espagne? Vous parlez de 558 000 euros: d'où sort cette somme? Que représente-t-elle?
Vous semblez vouloir démontrer à tout prix que le nucléaire est l'unique solution. Ne croyez-vous pas qu'on peut aussi faire des économies d'énergie? Au Japon, en attendant de développer les énergies renouvelables, ils ont relancé d'autres types de centrales mais ils ont aussi supprimé toutes sortes de consommations inutiles, certains ascenseurs, des éclairages publics...
Est-ce impossible à envisager, chez nous, sans catastrophe?
Est-ce que cela vaut la peine de continuer à investir dans des EPR pour pouvoir laisser ses écrans en veille, éclairer les autoroutes et les panneaux publicitaires toute la nuit... est-ce cela que l'on recherche?

Écrit par : citron | 01/02/2012

Citron (acide ?), ces chiffres sont le résultat d’études qui ont été très largement commentées dans la presse, qui ont crées un débat au sénat américain et qui ne sont pas contestées par les écologistes. Eva Joly, à qui on a posé la question, a simplement répondu, comme toujours, qu’on ne connaissait pas le vrai cout du nucléaire. En Italie des études sur le ‘’cout des emplois verts’’, qui prennent en compte le volume de subventions « vertes » estimé par le gouvernement italien jusqu’en 2020 : emplois créés environ 100 000, cout par emploi entre 713 000€ à 1.22 million € soit 4,8 fois le cout d’un emploi industriel similaire. L’Allemagne, qui cherche son énergie du futur, doit sortir prochainement une étude sur le même sujet.
Je ne veux pas du tout nucléaire, mais en tant que contribuable, j’estime avoir le droit à la vérité sur les solutions de remplacement. Vérité sur le cout, mais aussi sur la faisabilité et l’efficacité de l’énergie dite verte. Et là c’est un autre débat…

Écrit par : CC | 02/02/2012

Citron... pas acide mais vert!

Je ne sais toujours pas d'où vous sortez tous ces chiffres...
Vous dites:" Eva Joly, à qui on a posé la question, a simplement répondu, comme toujours, qu’on ne connaissait pas le vrai cout du nucléaire." Et alors? En tant que contribuable vous voulez la vérité, toute la vérité sur les énergies vertes qui ne comportent pas de risques mais vous n'avez pas le même niveau d'exigence dès qu'il s'agit du nucléaire? Il y a quelque chose de bancal dans le raisonnement,non?

Écrit par : citron | 06/02/2012

Nicolas Sarkozy se rend jeudi sur le site de la centrale nucléaire de Fessenheim, dans le Haut-Rhin, la plus ancienne du parc français.
Depuis la construction de la centrale, il y a 35 ans, des voix s'élèvent pour réclamer l'arrêt des deux réacteurs. Et l'accident à la centrale de Fukushima au Japon a redonné un second souffle aux opposants écolos de tous poils. Mais fermeture ne signifie pas seulement on met la clé sous la porte, c’est une fermeture avec une vraie volonté de démantèlement programmé, précise Jacques Fernique, le responsable d'Europe-Ecologie Les Verts en Alsace.
Sauf que à Fessenheim, ce n'est pas la sécurité du site nucléaire qui inquiète la population mais l'avenir de la centrale, de ses 700 agents et des 200 prestataires extérieurs. C'est donc un millier de familles et toute une région qui vit directement ou indirectement du nucléaire. Les habitants se félicitent donc de la visite du président et de l’espoir qu’il peut leur redonner sur leur avenir.

Écrit par : CC | 09/02/2012

On peut démanteler les centrales et créer une industrie renouvelable de remplacement. Le pays le plus innovant sera le premier sur les marchés. Même si évidemment cela ne se fera pas en un jour (voir Brennilis, 25 ans de démantélement, des millions d'euros et ce n'est toujours pas fini car ils ne savent pas faire... ).
Les familles qui travaillaient à Fukushima, que pensent-elles aujourd'hui de leur avenir? Et les pêcheurs, les agriculteurs?
Les sols et le littoral sont contaminés pour des siècles.

Écrit par : Cé. AC | 09/02/2012

On n'est pas contre le nucléaire pour le plaisir de polémiquer! Tout le monde trouve beaucoup plus confortable de n'avoir qu'à appuyer sur un bouton pour avoir chaud l'hiver et frais l'été. Mais on a été trompés sur ce progrès-là. Lorsqu'on a lancé les programmes après la guerre, on ne savait que faire des déchets et on n'avait pas de réponse en cas d'accident. Mais on laissait cela aux scientifiques, comptant sur de promptes découvertes. 60 ans après, on découvre que la sécurité n'est pas aussi rigoureuse qu'on le prétend (cf accident de Tricastin), et qu'en cas d'accident, on ne sait pas comment arrêter un réacteur.

CC, vous qui semblez avoir des réponses à tout? Quel espoir peut-on donner aux familles de Fukushima? Comment garantir que cela n'arrivera jamais chez nous?

Écrit par : cétacée | 09/02/2012

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